Indonésie : Sumatra
Sumatra.
L'Indonésie c'est 280 millions d'habitants dans l'archipel le plus grand du monde : 18000 îles dont 1000 sont habitées. C'est aussi le plus grand pays musulman du monde, 87% de la population, soit environ 240 millions de musulmans. En Indonésie, la monnaie est la roupie indonésienne.
Sumatra c'est 60 millions d'habitants, c'est aussi la plus grande île de l'Indonésie (presque aussi grande que la France) et aussi la plus à l'ouest tout près de la Malaisie, mon vol n'a duré que 45 minutes entre Kuala Lumpur et Medan au nord de Sumatra. L'île s'étend sur 1800km du nord au sud, 450km d'ouest en est. Elle est tellement grande que je ne vais visiter que la moitié nord.
C'est la deuxième fois que je viens à Sumatra, j'en avais gardé un très bon souvenir, notamment un séjour d'une semaine dans les tribus Mentawai, aussi appelés les Hommes-Fleurs, dans la jungle sur l'île de Siberut à l'ouest de Sumatra. Je ne vais pas y retourner cette fois, mais je n'ai pas dit mon dernier mot...Un voyage à Sumatra, c'est une belle aventure. C'est surtout l'un de mes endroits préférés dans le monde. Vous allez comprendre.
Bukit Lawang
Tout au nord de Sumatra, le petit village de Bukit Lawang est perdu dans les montagnes de moyenne altitude, recouvertes d'une forêt primaire, une forêt très humide (rainforest) j'ai eu de la pluie tous les jours. J'avais gardé un excellent souvenir de ce petit village.
Ci-dessus une femelle, c'est la mère du petit ci-dessous. Il fait la moue et il a oublié de se peigner...
La journée fut belle, mais comme tous les jours, l'orage a grondé et il s'est mis à pleuvoir des cordes comme j'ai rarement vues. Un orage du tonnerre ! Le torrent a aussitôt grossi, il est devenu marron, formant des vagues, juste au moment de la fin de la randonnée dans la jungle, juste au moment de revenir au village...en rafting. J'ai hésité, non pas que j'avais peur, bien au contraire, mais j'avais mon appareil photo, mon smartphone, de l'argent et la CB dans mon petit sac à dos, je ne voulais pas voir tout ça partir dans le courant. Mais revenir à pied signifiait deux heures de marche dans la jungle sous la pluie diluvienne, dans la gadoue, des sangsues plein les chaussettes. Leurs raftings sont faits avec des grosses chambres à air reliées entre elles par des cordelettes, c'est du bricolage, mais c'est sympa...quand il fait beau et que la rivière est calme. Il n'y a bien sûr aucune sécurité.
Toutes mes affaires ont été mises dans un sac en plastique bien attaché au raft. Nous voilà partis sous le déluge, le raft faisait des bonds et se tordait dans tous les sens. Kela, mon guide, est tombé deux fois dans l'eau, moi une fois, j'ai eu du mal à remonter sur le raft. Vingt dieux ! Le torrent était déchainé, j'ai pris un pied de dingue ! Le parcours pour atteindre le village n'était pas très long, on est arrivé essoufflés et trempés jusqu'aux os. Arrivé dans mon bungalow, trempé comme une soupe, en me déshabillant pour prendre la douche, une toute petite grenouille a sauté en dehors de mon short. La vicieuse ! C'est la seule visite que j'ai eue en six mois...
Elles reposent sur des piliers d'environ un mètre de haut, elles sont entièrement en bois (sauf les toitures), aucun clou n'est utilisé pour leur construction. On peut voir les maisons d'habitations et aussi les greniers à grains comme ceux ci-dessous. Même les greniers sont artistiques !
Les façades en bois sont sculptées, les motifs sont peints en noir pour la sagesse, en rouge pour la force et en blanc pour la pureté. On y voit des formes géométriques, et figuratives, des animaux aussi, notamment des buffles et des coqs. On peut voir un balcon en façade.
L'endroit le plus spectaculaire, le plus authentique, est un petit hameau habité d'une douzaine de maisons disposées les unes en face des autres dans une symétrie et une harmonie parfaites.
On ne peut qu'être admiratif tellement c'est spectaculaire et unique au monde !
Les bataks.
Toujours en scooter, en montant dans la montagne, j'aperçois de loin un superbe village Batak au milieu d'une végétation luxuriante qui m'a donné envie de m'arrêter pour aller à la rencontre des villageois.
Les femmes sont coiffées d'un fichu pour se protéger du soleil. Même au travail elles sont de bonne humeur !
De loin je croyais que c'était un épouvantail ! La beauté du geste d'une femme batak dans une rizière.
C'est tout à fait par hasard que j'ai assisté à un spectacle privé de danses bataks donné à un groupe de chinois dans un autre écomusée.
J'ai mis un peu de temps à me rendre compte que les musiciens étaient perchés sur le balcon d'une maison batak.
La beauté des indonésiennes se découvre chaque jour.
Vous verrez passer un drone sur la vidéo, c'est les chinois qui filmaient...
Pendant tout mon séjour, dans le jardin de l'hôtel au bord du lac, j'entendais le chant mélodieux d'un oiseau sans arriver à le voir, j'étais frustré. C'est une réceptionniste qui me l'a montré le dernier jour. Un petit oiseau habillé de vert, de jaune et de rouge. Que la nature est belle !
La vallée d'Harau.
J'ai voyagé 17 heures en bus de nuit avec des indonésiens qui fumaient clopes sur clopes à l'intérieur, sur des routes de montagnes avec des centaines de virages. Infernal ! J'ai enchaîné avec plus d'une heure dans un minivan pourri pour enfin finir mon périple dans un becak (le side-car indonésien) qui m'a amené jusqu'à la Vallée d'Harau. Ouf ! Sumatra c'est une aventure.
C'était la fin de la saison des pluies à Sumatra, et de la pluie j'en ai eue, pas des pluies torrentielles mais des averses régulières. J'étais encore une fois bien hébergé chez l'habitant dans un beau bungalow au fond du jardin, avec une salle de bain
extérieure. Pour aller aux toilettes, sous la pluie, il faut se munir d'un
parapluie. Je me suis amusé (quand il ne pleuvait pas) à me mettre en
scène pour vous montrer la cocasserie de la situation ! J'ai réellement utilisé le parapluie deux fois le matin. Sumatra c'est une aventure.
Je ne connaissais pas la Vallée d'Harau. C'est une destination immanquable à Sumatra. Une anecdote pour commencer.
En me promenant à pied dans la vallée un matin, je traverse un hameau, un homme étalait du riz sur une bâche pour le faire sécher. Il était tout juste dix heures mais il était déjà assommé de fatigue le pauvre. Il a posé son râteau artisanal en bois et se reposait. Un repos bien mérité.
Pendant ce temps-là sa femme changeait la couleur de la maison...
La vallée d'Harau est merveilleuse !
Elle est encaissée à l'intérieur de formations rocheuses en granit, formant un canyon, pouvant atteindre cinq cents mètres de haut. Une fois traversé le canyon, je débouche sur une grande plaine. Incroyable ! Tout de suite je suis happé par ce décor d'une beauté surnaturelle.
Les falaises abruptes offrent un spectacle enchanteur jusqu'au fond de la vallée avec des palmiers en toile de fond des rizières.
Harau est une vallée fertile entièrement consacrée à la culture du riz. Les rizières sont magnifiques !
Ici les maisons traditionnelles sont différentes de celles de Toba, impressionnantes aussi mais je les aime moins.
Dans les rizières, c'est du plus bel effet.
C'était la période de la fin du labourage et du début du repiquage des semis. Les hommes passent le motoculteur une dernière fois avant le repiquage.
Cela fait, les hommes laissent la place aux femmes.
Le décor est majestueux mais les femmes sortent de là dans un sale état. Mais c'est leur travail, c'est comme ça.
Le repiquage des semis peut commencer. On voit bien les semis en mottes prêts à l'emploi.
En voyageant, je suis le témoin des énormes différences culturelles et d'organisation de la société entre les peuples, entre les religions que tout oppose, entre les rapports hommes/femmes. Toute la richesse du monde est là, dans la différence. Jamais je ne juge dans la mesure où il n'y a pas d'injustice ni de violence.
J'ai eu un énooorme coup de coeur pour la Vallée d'Harau. Il y a longtemps que je n'avais rien vu d'aussi beau et d'intéressant à découvrir sociologiquement. Un dernier coup d’œil avant de quitter cet endroit magique !
Le lac Maninjau.
Ici aussi vivent les Minangkabaus, une ethnie matriarcale où les femmes possèdent les terres et les biens immobiliers qui se transmettent de mères à filles. Celles-ci demandent la main des garçons pour le mariage, le mari s'installe dans la famille de sa femme, les enfants prennent le nom de la mère, ce n'est pas le père qui élève les garçons mais les oncles. Quelles drôles de mœurs !
La deuxième grosse activité c'est ici aussi la culture du riz. On peut voir ci-dessous les deux principales activités sur et au bord du lac.
La région est d'une grande beauté. C'est encore en scooter que j'ai fait le tour du lac, pénétrant dans les rizières, traversant les villages aux toits en tôles rouillées.
Je n'ai pas compté le nombre de mosquées tellement il y en a. Les Minangkabaus, musulmans à 99 %, sont très fervents, très pratiquants, hommes et femmes. Les mosquées sont mixtes.
Les rizières donnant sur le lac sont d'une beauté à couper le souffle !
Les milliers de cocotiers ajoutent à la magie de Maninjau. Si le lac est bleu, les alentours sont d'un vert lumineux !J'ai vu des rizières à différents stades, certaines tout juste repiquées, d'autres au moment de la récolte. Les épis coupés sont rassemblés en tas par les hommes pour le battage qui va suivre.
Les machines sont des pièces de musée ! Aussi bien les batteuses que les vanneuses. Le vannage sert à séparer le riz de ses impuretés. Une fois vanné, il est mis en sacs sur place.
La vidéo ci-dessous montre les deux étapes successives correspondant aux photos que sont le battage et le vannage du riz que j'ai vus côte à côte dans une rizière.
Au lac Maninjau la nature est parfaite et l'osmose entre l'environnement et l'activité humaine est palpable. Ils ne font qu'un et c'est trop beau !
Une ode à la beauté et à la grâce. Inoubliable !
Fin du voyage à Sumatra. Une autre dimension !
Mon parcours
Prochaine destination : la Papouasie !















